Pierres de l'Ankou

Les pierres de l’Ankou comptent parmi les plus puissants artefacts des terres de Kalsh. Parmi les plus dangereux, également. D’apparence, ce sont de petits galets noirs. Ils pourvoient force et pouvoir à leur porteur, en échange d’une connexion à l’Ankou.

La pierre-piège

La plupart des sources s’accordent à dire que Werelnech’Barr avait utilisé un énorme cristal noir pour bloquer l’intrusion de l’Ankou dans son plan. Le cristal lui aurait donné assez de temps pour terminer le rituel de Maille Planaire.
La tentative se solda par un échec, et le cristal se brisa en d’innombrables morceaux, en emportant les Rives Rouges et l’essentiel de l’empire Illithid. Le sortilège fut en partie catalysé, ou canalisé, par les pierres, et d’anciennes ruines apparurent au milieu de villes comme au milieu de nulle part. Des créatures abominables foulaient la terre, côtoyées par des êtres aussi merveilleux qu’inconnus. Des héros du passé étaient vivants à nouveau, et leurs ennemis aussi.
Partout sur le continent, et probablement partout sur la planète, des attaques des plans élémentaires commencèrent. Des portails s’ouvraient aléatoirement, et des pans entiers de villes disparaissaient dans le plan de l’Ombre pour ne réapparaître que plusieurs jours plus tard.
C’était le prix à payer pour avoir détruit l’Ankou, pensait-on. Et le gardien interplanaire put être scellé à partir de ce moment. Les circonstances et les acteurs de ce sceau sont toujours inconnus aujourd’hui.
Son corps physique, amas dense de chairs démoniaques et mortelles, se retrouva enterré dans un sanctuaire près de la forêt de Goulouka. L’endroit, surveillé par un gardien redoutable, est intuitivement évité par tous les animaux.
Son âme, la seule essence suffisamment puissante capable d’animer un tel corps, est elle scellée sous les flots. Un combat terrible eut lieu au Maëlstrom, mais un tombeau définitif fut créé, et l’essence piégée à l’intérieur. Mais cette essence était restée connectée aux fragments du cristal, dans une ubiquité la faisant exister dans son tombeau et dans les pierres.

Les Pierres Véritables

Suite à la déflagration aux Rives Rouges, des compagnies de mercenaires, d’aventuriers et de bandits en tout genre se dépêchèrent vers les lieux d’impact principaux. Au sud de l’actuelle Cité des Collines, cela donna lieu à l’apparition du premier Incarnum, moins d’un mois après l’explosion.
Un prince Vazsharan avait fait récupérer plusieurs fragments de cristal de belle taille, et avait semblé s’élever à la divinité. Sa cruauté et sa fureur semblaient sans limites.
Des aventuriers de tout bord s’unirent contre cette terrible menace, et la paladine gnome Hieh-Omentul lui porta le coup de grâce, d’un stylet d’or dans l’œil droit. Des centaines de combattants avaient péri sous les coups de l’immense épée triangulaire qui était apparue entre les mains du prince.
D’autres manifestations plus faibles avaient eu lieu à travers le pays, suivant une distribution correspondant à l’explosion. Le second évènement proche fut la disparition de la cour Senman et du culte Germain, au Nord de Goulouka. La zone, un chantier tenu secret, avait disparu pour être remplacé par des ruines vieillies envahies de végétation.
Actuellement, les Pierres Véritables sont tous les fragments du Cristal-Piège suffisamment grands pour être connectés à l’Ankou. Grâce aux matériaux de fabrication du cristal, les pierres sont des catalyseurs magiques naturels de grande puissance. Elles remplacent efficacement tout focaliseur, pour peu qu’on les soumette au champ magique adéquat. Elles présentent une source de magie illimitée, quoique faible, et ont été utilisées régulièrement par des artisans magiques au cours des siècles, avec des résultats mitigés.
La générale elfe, Carmela Histhwué, possède par exemple une cornemuse magique aux pouvoirs nécromantiques redoutables. L’instrument fut créé à partir d’une des pierres de l’ankou, possiblement par elle-même. Dans les exemples plus extrêmes, le héros Plouthlim possède secrètement une pierre. Ou plus exactement, un trou béant dans sa poitrine est comblé par le roc noir, lui assurant une vie aussi longue que morbide.
Mais l’utilisation des pierres a un coût. Depuis sa tombe dans les abysses (sous-marines), l’Ankou est capable de donner des pouvoirs aux porteurs des pierres, et souvent, ils les prennent.

Incarnum

Lors de la prise en main d’une pierre, un lien se crée dans la maille planaire entre le porteur et la tombe. Ce lien ne passant pas par les plans, mais entre eux, il n’est jamais interrompu. Il est cependant ténu.
Alors, si le porteur se trouve en situation de danger, la proximité des plans d’après-vie permet à l’Ankou de se faire entendre d’une voix faible. Il propose en général un choix de pouvoirs qui permettraient au porteur de se tirer de son mauvais pas : à chaque fois que ledit porteur accepte, la déchirure interplanaire s’agrandit.
Le corps du porteur change rapidement pour prendre des attributs démoniaques, liés au corps que l’Ankou emprunta lors de sa venue : écailles noires, griffes, cornes, force physique accrue, etc.
Les changements physiques sont réversibles, mais l’agrandissement du lien ne l’est pas. Pas même la mort et la résurrection ne l’annulent. L’avant-dernière étape est celle de l’Incarnum. Si le porteur se trouve en présence de reliques du gardien, comme son épée triangulaire, son casque, ou ses gants, le processus peut être accéléré, bien que jamais déclenché uniquement par lesdites reliques.
Juste avant l’étape de l’Incarnum, l’Ankou continue à accorder des pouvoirs, mais demande quelque chose en échange. Partie du corps, souvenir, vie d’un proche. Si de tels marchés sont passés, et que l’Ankou obtient suffisamment, il peut s’étendre dans la maille creusée du porteur. Avec le lien agrandi, il est également possible que d’autres créatures interplanaires puissent s’introduire dans le porteur. Le résultat est le même, et le porteur devient un Incarnum.
Il garde les souvenirs de son ancienne personnalité, ainsi que la plupart de ses traits de caractères, mais sa vision du monde est déformée. L’essence démoniaque qui imprègne la puissance de l’Ankou le corrompt totalement, imposant une volonté de domination écrasante. Les quelques porteurs à avoir atteint ce stade ont laissé une marque forte à travers l’histoire. Dans les exemples très récents, on peut citer la Catastrophe Elentarienne, qui emporta le sommet d’une montagne et la moitié de la guilde de magie du Refuge.
Supposément, cette étape est passagère, et au bout d’un certain temps la personnalité du porteur se retrouverait totalement annihilée. Alors, l’âme de l’Ankou pourrait s’extraire de sa tombe, passer par le lien et occuper l’espace physique libéré par le porteur. Pourvu d’un vaisseau, il irait ensuite vers sa tombe physique de Goulouka, pour occuper un corps plus fort, et sèmerait la destruction et la mort sur le Plan Matériel. Heureusement, aucun Incarnum n’est parvenu à survivre aussi longtemps.

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