Werelnech'Barr

Werelnech’Barr est un magicien légendaire de l’époque Illithid. Il a provoqué la venue de l’Ankou sur le plan matériel, suite à un sortilège censé lui conférer une grande puissance.

La maille planaire

Werelnech’Barr était obsédé par le fonctionnement de la magie à ses plus petites échelles. Lui et son équipe d’apprentis avaient percé de nombreux secrets arcaniques, et plusieurs mages modernes estiment que l’avancée magique aujourd’hui est moindre que celle développée par W., en particulier pour les écoles de l’enchantement, de l’invocation et de l’abjuration.
Autour de 100 A.L., W. était certain d’avoir compris quelque chose de crucial sur la nature de la magie. Ses délicats appareils de mesure avaient sondé la matière sans succès, mais en sondant la matière vivante et agissante, les résultats étaient époustouflants. Chaque être doté de sentience était le dépositaire, ou le canal, d’une source de magie cachée.
Cet apport de magie présentait cependant des fluctuations indépendantes des conditions qu’il appliquait, des réactifs alchimiques qu’il employait, des phases de la Lune, et de centaines d’autres paramètres. Jusqu’à ce qu’il affirme aux Dominants Illithids :
“La magie interpénètre toute chose vivante, se soumettant occasionnellement à son contrôle, mais n’y trouve jamais son origine. "
Son intuition que la magie avait une origine extra voire intra planaire se vérifia rapidement, et les conclusions qu’il tira n’ont pas changé pour les mages d’aujourd’hui. La magie était un écoulement extérieur aux plans, chaotique, en zig-zags de plan en plan. Pour W., la magie fonctionnait suivant trois étapes primordiales :
1) Attraction. Les arcanistes de toute sorte dévient le flux de magie vers eux, préparant le terrain.
2) Transformation. Utilisant une myriade de moyens différents, l’énergie arrivant est modelée, en empruntant de la force à l’arcaniste. Un sortilège, enchantement, une “magie” de quelque sorte en découle.
3) Reflux. Le courant magique transformé repart entre les plans, plus chargé qu’auparavant.
Il avait déjà conclu que la phase d’attraction était augmentée lorsqu’il se trouvait sur un nœud tellurique. Ces points spéciaux, pincements dans la maille élémentaire, furent le début de sa recherche. En ces nœuds, la distance entre les plans était aussi la plus faible.
La magie, dans sa puissance comme sa rapidité, était donc liée à une chose immuable, une barrière infranchissable : la distance que ce flux avait à parcourir entre les plans. Une constante du monde depuis sa création.
Mais W. était un mage enclin aux défis, et celui-ci était de taille. Il se mit au travail promptement. Très peu de choses étaient connues sur le milieu interplanaire. Tout d’abord, il ne trouva que des parchemins parlant du plan éthéré, mais bien qu’il liait un certain nombre de plans entre eux, il n’en était pas différent en nature. De même pour le plan de l’Ombre.
Vingt ans plus tard, à force d’acharnement il trouva un portail vers le Non-Monde, l’Interplan. Melistra, sa conseillère et apprentie la plus douée, découvrit que cet espace était gardé. Un des Génies, un gardien mineur, lui communiqua brièvement de ne pas fouiller plus avant. Elle transmit son inquiétude à son maître, qui ne la partageait pas.
Le portail s’était refermé, mais W. avait sa solution. Et rien ne l’arrêterait.
Il fabriqua un sortilège épique, “Dessin Suprême de Maille Planaire de Werelnech’Barr” (mais les sources divergent quand au nom).
Le sort allait magnétiser la maille interplanaire et la réduire autour du lanceur. Ce serait d’après lui comme appuyer sur le centre d’une feuille de nénuphar pourpre : les gouttelettes d’eau les plus grandes rouleraient doucement vers le centre, stabilisant la feuille dans un nouvel état.
Les plans glisseraient doucement vers l’origine du sort, le Plan Matériel.
Ainsi, le lanceur et ceux à sa proximité bénéficieraient d’un flux de magie accru, assurant une domination sans partage sur le monde magique.
Au bout de longues années de recherche ralentie par la disparition de sa conseillère, W. avait préparé son sortilège. Il allait le lancer devant les Têtes, coup d’envoi arcanique d’une domination Illithid planétaire, puis de toute la création. Tout était prêt, y compris le piège cristallin mis en place pour empêcher l’intervention d’un gardien de l’Interplan.

La venue de l’Ankou et la désintégration des Rives Rouges

Le sortilège de W. fonctionna. Et fut l’échec le plus retentissant de l’histoire de la magie. Melistra, la conseillère traîtresse, avait développé de son côté un Contrat Épique, permettant à l’Ankou de venir malgré les protections de Werelnech’Barr. Ils sortirent tous deux des Abysses, lui portant le corps de Grazz’t et un équipement le faisant ressembler à un Chevalier Noir.
Alors que la Maille prenait effet, Werelnech’Barr ne pouvait détourner son attention du rituel. La puissance brute accumulée dans l’endroit était formidable, et l’air en vibrait. La trame de l’existence se déformait autour du magicien alors qu’il atteignait un niveau arcanique inégalé.
Mais l’Ankou et Melistra percèrent le dernier mur, activant la dernière défense : le Cristal-Piège. Le Gardien allait porter un coup fatal au magicien, et vit ses gestes ralentir, alors que le cristal se formait autour de lui. Werelnech’Barr vit la victoire un instant, avant qu’elle ne lui échappe définitivement.
Le Cristal-Piège était insuffisant. Il ne pouvait contenir totalement le Gardien, et celui-ci parvint à abattre son bras sur le magicien, le coupant en deux. Sa mort fut instantanée, et son âme déchirée par les plans fut précipitée aux Enfers.
Le sortilège perdit son point d’appui au Plan Matériel, et la moitié de l’énergie accumulée se libéra d’un coup. La première onde de choc, mort blanche silencieuse, priva de température puis fit bouillir les environs. La deuxième onde fut sonique, et entendue sur la moitié du globe. Une épitaphe de l’envergure de Werelnech’Barr, et un chant funèbre pour les Illithids.
Bien que le sort fut interrompu, le sortilège avait fonctionné, et les plans extérieurs glissaient à présent lentement vers le Plan Matériel.

L’héritage

De nos jours, de nombreux objets sont vendus comme des reliques de ce savant hors pair. Bien qu’il soit difficile de certifier leur origine, la plupart sont des faux. En revanche, il est avéré qu’au moins trois grimoires de l’ancien sont toujours “en liberté”, voguant de propriétaire en propriétaire.
Les Pierres de l’Ankou sont vues par certains comme un héritage direct du mage. Plusieurs fois au cours de l’histoire, un cerveau dans une jarre de liquide nécromantique fut vendu comme étant le sien.

Les Tentacules Amicales

La Compagnie du Carafon s’en est assurée : Werelnech’Barr est toujours en vie. Banni pour toujours du plan matériel, il parvint à s’évader des enfers après des années de tourments.
Brisé par le sortilège, désespéré d’avoir vu la perfection arcanique sans pouvoir la saisir, le repos de l’oubli ne lui était pas permis. Dégoûté de cette vaine recherche de pouvoir, qui lui avait coûté ses arcanes, sa vie, et la quasi-totalité de son espèce, il chercha à s’occuper autrement.
Nul ne sait comment, ni où, mais il réussit à fonder la plus célèbre des auberges interplanaires, Les Tentacules Amicales, accessible uniquement sur invitation. Il s’y présente comme le sympathique et nerveux flagelleur mental Li-Fu, et applique une règle de neutralité stricte sur son territoire. Barman magique, il peut servir n’importe quelle boisson à n’importe quel habitant des plans.
Malgré la teneur légère de l’établissement, la garantie qu’elle soit un terrain neutre l’a transformée en le théâtre de nombreuses intrigues géopolitiques des plans. La plupart des clients sont tenus de ne pas prêter leur verre d’invitation.
Ses dernières actions envers le plan matériel furent d’avertir les Carafoniens lors de l’attaque du plan de l’Eau, puis d’organiser une rencontre extraordinaire entre les dignitaires des plans, y compris Med du plan Matériel. La trêve résultante semble durer.
En souvenir peut-être, par habitude probablement, il porte un éclat du cristal-piège en pendentif autour du cou. D’après le druide Turean, lors de sa vision du futur où la compagnie révélait accidentellement à l’Ankou que Werelnech’Barr était encore envie, l’Illithid se servait de sa pierre pour ralentir le Gardien enragé.

Werelnech'Barr

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